Le lundi 11 septembre 2023, le Collectif 384 était à l’origine d’une mobilisation d’envergure sur le campus de Mont-Saint-Aignan de l’Université de Rouen. Cette action, inscrite dans le cadre d’un mouvement national initié par le collectif, visait à dénoncer les inégalités persistantes entre les enseignants du secondaire affectés dans le supérieur (ES) et les enseignants-chercheurs (EC), notamment en matière de primes.
Une rentrée universitaire sous tension
En réaction à la mise en place du RIPEC (Régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs), le Collectif 384 a lancé une campagne de mobilisation dès le mois de mai 2023. Ce nouveau régime indemnitaire exclut les enseignants du supérieur non-chercheurs de la revalorisation accordée aux EC, portant leur prime statutaire à 6400 €, contre une prime maintenue à un niveau bien inférieur pour les ES.
Cette injustice statutaire et financière, dénoncée depuis plusieurs mois, a conduit à une rentrée perturbée dans plusieurs composantes de l’Université de Rouen, en particulier les STAPS et l’IUT, où l’absence de préparation administrative (retrait de responsabilités, non-recrutement de vacataires, absence de plannings) a retardé le démarrage des enseignements.
Une manifestation est en cours sur le campus de Mont-Saint-Aignan de l'université de #Rouen, à l'appel du @384Collectif. Ce dernier défend les intérêts enseignants du secondaire attachés au supérieur et a lancé une mobilisation juste avant la trêve estivale. pic.twitter.com/UErvGS0qnM
— Mathieu Normand (@oMatnor) September 11, 2023
Encadrée par le Collectif 384, la manifestation du 11 septembre a réuni un large cortège composé d’enseignants, de syndicats, de collectifs étudiants (comme la Feder ou le BDE STAPS), et d’étudiants venus soutenir les revendications. Le rassemblement, qui s’est déplacé de la bibliothèque universitaire jusqu’aux bureaux de la présidence, a permis de visibiliser la colère grandissante au sein des personnels.
« Ce que nous demandons, c’est l’équité », a rappelé Frédéric Desaint, membre du collectif et professeur agrégé. À ses côtés, d’autres enseignants rappelaient qu’ils exercent les mêmes missions pédagogiques, assurent 384 heures d’enseignement – soit le double de la charge des enseignants-chercheurs – et prennent part à la gestion administrative des formations, sans reconnaissance équivalente.
Le cas rouennais n’est pas isolé. L’Université de Rouen n’est qu’un exemple parmi d’autres dans un mouvement national qui prend de l’ampleur. De nombreux établissements ont rejoint l’initiative portée par le Collectif 384, marquant un bras de fer croissant avec le ministère.
Face à des annonces gouvernementales jugées insuffisantes – notamment l’évocation par la ministre Sylvie Retailleau d’une revalorisation partielle des primes – le Collectif 384 reste mobilisé, déterminé et uni, avec pour objectif la reconnaissance pleine et entière des enseignants du supérieur.